Entre février et septembre, l’eau martiniquaise passe d’environ 26 à 29 °C. Trois degrés d’écart sur l’année : la température n’a pas à guider le choix des dates. Ce qui change d’une saison à l’autre, c’est l’état de la mer et la visibilité près des côtes, sans oublier la faune de passage, pour qui a un peu de chance.
La géographie compte autant que le calendrier. La grande majorité des plongées se fait sur la côte caraïbe, à l’abri du relief, autour de deux pôles très différents : le nord, autour de Saint-Pierre, et le sud, du Diamant aux Anses-d’Arlet. La côte atlantique, exposée aux alizés et à la houle, reste beaucoup moins pratiquée.
Saint-Pierre et les épaves de 1902
Le 8 mai 1902, l’éruption de la montagne Pelée a détruit Saint-Pierre et envoyé par le fond les navires mouillés dans la rade. Plus d’un siècle plus tard, ces épaves forment le site le plus singulier de l’île. Elles reposent à des profondeurs variables, dont certaines dépassent les limites de la plongée loisir. Le Roraima, l’une des plus connues, est réservé aux plongeurs expérimentés ; d’autres sont accessibles à un niveau intermédiaire, et le centre vous orientera d’après votre carnet.
Le décor tient autant au fond qu’aux carcasses : sable volcanique sombre, coques colonisées par les éponges et les poissons de récif. On n’y remonte rien. Les épaves de la baie relèvent du patrimoine culturel maritime, et prélever le moindre objet est interdit. Plus au nord, en direction du Prêcheur, la côte plonge rapidement, et les tombants commencent parfois tout près du rivage.
Le rocher du Diamant, une sortie qui se mérite
Au sud, le rocher du Diamant se dresse au large de la commune du même nom. Les Britanniques l’ont occupé en 1804, y ont hissé des canons et l’ont armé comme un navire de guerre, le « HMS Diamond Rock », jusqu’à sa reprise par la flotte française l’année suivante. Sous l’eau, il offre des tombants, des bancs de poissons et une faille qui a fait sa réputation.
Le revers est connu : le site est exposé. La houle et le courant y décident de tout, et les centres n’y emmènent que des plongeurs à l’aise, de préférence après quelques plongées de remise en jambes. C’est une sortie à garder pour le milieu du séjour, quand on a retrouvé son lestage et ses réflexes de palmage.
Les Anses-d’Arlet, ou la plongée sans effort
Entre Le Diamant et Les Trois-Îlets, la côte des Anses-d’Arlet est le terrain des baptêmes, des reprises et des familles. Petits fonds, herbiers où les tortues vertes viennent brouter, roches couvertes de vie à faible profondeur : on peut y faire une très belle plongée sans dépasser 15 mètres. Le poisson-lion, espèce invasive arrivée dans les Antilles françaises au début des années 2010, s’y montre aussi. Ses épines sont venimeuses, on l’observe sans le toucher. Depuis 2017, l’ensemble des eaux martiniquaises forme un parc naturel marin : raison de plus pour soigner sa flottabilité au-dessus des coraux.
Quelle saison pour quel plongeur ?
Pendant le carême, de janvier à avril environ, la saison sèche apporte des alizés réguliers. Côté caraïbe, la mer reste le plus souvent praticable, mais les sorties exposées comme le Diamant dépendent de la houle. C’est aussi la période où les baleines à bosse fréquentent les eaux antillaises, et il arrive qu’on entende leur chant en pleine plongée.
De juin à novembre, la saison cyclonique ne signifie pas une mer agitée en permanence. Beaucoup de journées sont calmes, mais les fortes pluies troublent l’eau près des embouchures, surtout au nord, sous la Pelée, et une perturbation tropicale peut fermer les centres plusieurs jours de suite. Pour un séjour bâti autour de la plongée, mai ou décembre offrent à notre avis un bon compromis : c’est un choix de plongeur, pas une garantie météo.
Organiser le séjour autour des plongées
Le choix du logement découle de tout cela. Pour une location de vacances en Martinique pensée autour de la plongée, la commune compte davantage que la vue. Loger aux Anses-d’Arlet, au Diamant ou aux Trois-Îlets met les centres du sud à quelques minutes, tandis que Saint-Pierre ou Le Carbet placent les épaves à deux pas. Faire l’aller-retour entre le sud et Saint-Pierre chaque matin, avec la traversée de l’agglomération de Fort-de-France, use un séjour plus vite qu’une série de plongées profondes.
Côté papiers, la plupart des centres demandent les mêmes pièces :
- la carte de niveau (FFESSM, PADI ou équivalent) et le carnet de plongée, qui permettent au directeur de plongée de vous placer dans la bonne palanquée ;
- un certificat médical de non-contre-indication récent, exigé par beaucoup de structures ;
- une assurance individuelle plongée, vivement conseillée même quand elle n’est pas obligatoire.
Pour mémoire, un niveau 1 évolue jusqu’à 20 mètres encadré, un Open Water PADI jusqu’à 18 mètres. C’est souvent cette limite, plus que la météo, qui décide des sites accessibles pendant la semaine.
Reste un point à caler avant même de réserver les vols : le délai entre la dernière plongée et l’avion. Les recommandations courantes vont de 12 heures après une plongée unique à 18 heures après plusieurs jours de plongée, et beaucoup de moniteurs conseillent 24 heures. Gardez la veille du départ pour la terre, et évitez aussi de monter sur les pentes de la Pelée juste après une série de plongées : la baisse de pression liée à l’altitude pose le même problème que la cabine d’un avion.
